L’euro va-t-il pouvoir être sauvé ? - Site de Claude Rochet

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L’euro va-t-il pouvoir être sauvé ?

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8 Mai 2017

En quelques lignes, Gérard Lafay résume de manière magistrale la question de l’euro telle qu’elle aurait du être débattue par la candidate d’opposition si elle avait maîtrisé son sujet et avait été à la hauteur de la fonction. Il n’y a rien de plus à ajouter.

CR

  *    *

 par Gérard LAFAY

Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas Paris II

Les urnes ayant tranché, Emmanuel Macron sera le prochain Président de la République Française. Avant le débat décisif du 3 mai dernier, nombre d’électeurs étaient encore indécis. Marine Le Pen, visiblement mal conseillée, a préféré injurier son adversaire, en lui imputant toutes les fautes de son parrain François Hollande, au lieu de présenter un plan cohérent pour le redressement de la France. Pire encore, elle s’est fourvoyée sur la question de l’euro. Les Français attendaient qu’elle leur explique clairement pourquoi elle souhaite un retour à la monnaie nationale. Or elle s’est lancée dans un galimatias fumeux pour justifier une coexistence entre deux monnaies, un franc nouveau qui serait réservé au vulgum pecus pour ses opérations intérieures, tandis que les grandes entreprises garderaient l’euro pour leurs opérations extérieures, solution totalement inviable.

Après les élections présidentielles, la question n’est plus de savoir si l’on est pour ou contre la monnaie unique européenne, il s’agit de détecter les conditions qui permettraient à celle-ci de se maintenir durablement. À cet égard, seules deux options peuvent être envisagées.

La première option, soutenue par les partisans de l’euro comme Emmanuel Macron, serait d’aller vers “plus d’Europe“ sous la forme d’une “union budgétaire”. Cela signifierait d’instaurer une “Europe des transferts”, dans laquelle les pays qui se sont appauvris recevraient des transferts financiers massifs et continus en provenance de ceux qui se sont enrichis, à commencer par l’Allemagne. Si cette option est concevable sur le plan théorique, c’est une véritable chimère car elle n’a aucune chance de se concrétiser. En effet, la quasi-totalité de nos amis Allemands y est totalement opposée, ayant déjà consenti de sérieux efforts pour mettre à niveau leurs compatriotes de la partie est du pays (l’ex RDA).

La seconde option, préconisée par la Commission de Bruxelles, serait d’opérer des “dévaluations internes” pour rendre les économies compétitives. Cela implique une baisse drastique des salaires et de l’ensemble des prestations sociales (santé, retraite, etc.), selon la méthode pratiquée en France par Pierre Laval en 1935. Les expériences historiques montrent qu’une telle politique ne peut qu’échouer, la baisse de la demande aggravant la chute de la production. Tout porte à croire qu’une grande majorité des Français, issus des classes moyennes et populaires, refuserait cette solution, qu’ils soient actifs, chômeurs ou retraités. Nos compatriotes n’ont pas envie d’être tondus comme des moutons, à l’instar des malheureux Grecs.

Ces deux options, qui seules permettraient une survie de la “monnaie unique”, sont par conséquent exclues, respectivement par la première et par la seconde des économies de la zone. Il ne s’agit donc pas de sortir de celle-ci, mais de faire face à une lente agonie, menant de façon inexorable à la mort de l’euro. Le prochain Président de la République va ainsi se trouver devant une situation inédite, dont on perçoit déjà les signes avant-coureurs, et à laquelle s’ajoutera sans doute une nouvelle crise financière mondiale. Au lieu de s’entêter, la seule politique raisonnable sera de s’y préparer. L’issue ne pourra se faire de façon ordonnée que si l’on rend aux nations leur souveraineté monétaire.

C’est ainsi que la France pourrait redevenir compétitive par un réajustement monétaire, comme en 1958 avec le Général De Gaulle, puis en 1969 avec le Président Pompidou. Au sein de l’Europe, les monnaies nationales reconstituées pourraient éventuellement s’accompagner d’une “monnaie commune”. Toutefois, la seule conception qui en soit viable serait de revenir à l’ancien “écu“, correspondant à une unité de compte, et calculé comme une moyenne pondérée des nouvelles unités monétaires nationales. La différence avec le SME serait alors que les taux de change, au lieu de rester fixes, pourraient diverger en raison des écarts inévitables des rythmes d’inflation.

En ce qui concerne l’Europe, il n’est évidemment pas question de la quitter. En revanche, il est clair qu’il faut sortir de l’actuelle “Union Européenne”, institution anti-démocratique dirigée par trois organes bureaucratiques : la Commission de Bruxelles, la Cour de Justice de Luxembourg et la Banque Centrale de Francfort. À leur place, les différents pays européens devraient se concerter et préparer ensemble un nouveau Traité, afin de construire une “Confédération des nations européennes”, respectant leur souveraineté et leur identité, et organisant des projets d’avenir à géométrie variable.

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