Le nihilisme

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“Ce que je raconte, c’est l’histoire des deux prochains siècles. Je décris ce qui viendra, ce qui ne peut manquer de venir: l’avènement du nihilisme.”»

Nietzsche

Mon ancienne page, toujours d’actualité:  Le nihilisme

«Il y a un accès “noble”, historique, fuligineux, le déferlement bien connu de vagues de l’angoisse et de la nausée au XXe siècle, la torsion des psychismes dans l’absurde, à travers les différentes catastrophes des temps modernes, la situation des vivants de plus en plus anxieux, coincés dans un monde resserré à l’extrême. Menaces et répressions, perte et fracas, persécutions, nazisme, totalitarismes, guerres, harcèlement terroriste universel depuis l’anarchisme russe immédiatement démasqué par Dostoïevski jusqu’aux ravages les plus récents. Fulmination générale de la “crise de la conscience européenne”. Malaise dans la civilisation, mort de Dieu, rouilles diverses et morbides de l’âme… Tyrannie anonyme des institutions, États “monstres froids”, etc. Grondement de Nietzsche: “Ce que je raconte, c’est l’histoire des deux prochains siècles. Je décris ce qui viendra, ce qui ne peut manquer de venir: l’avènement du nihilisme.”»

En second lieu, le nihilisme «ordinaire», «quotidien», « (…) pratiquement jamais appréhendé comme tel, bien sûr, et qui est pourtant, sous des aspects aimables, charmants, consensuels, le même nihilisme plus que jamais vivace, mais converti, métamorphosé, réduit, adapté, civilisé et pratiquement irrepérable parce qu’il n’existe que d’avoir rejeté – et de continuer à rejeter éloquemment tous les jours – le “grand” nihilisme tapageur et sanglant d’hier. Ce nihilisme-là semble avoir lui aussi été prévu par Nietzsche, au moins en partie, sous le nom de nihilisme passif. C’est celui du “dernier homme” qui n’a plus que son propre bonheur comme idole. (…)»

Philippe Muray, extrait de “Circulez, y a rien à croire”, in ]Désaccord parfait, [Paris], Gallimard, collection “Tel”, 2000, p. 60-61.

«Le nihilisme n’est pas en soi une mauvaise chose. Expérience du tragique et du vide de la vie humaine, il peut être un fondateur au sens de l’expérience de l’absurde chez Albert Camus. Découvrir qu’il n’y a rien et que le monde est vide et sans sens, que nous sommes responsables de nos buts et de leur atteinte, que le sens ne nous est pas donné, mais que ce qui nous a été donné c’est la capacité à donner du sens à notre vie, est une expérience du tragique. Et là “dans un acte héroïque, l’homme tragique, précisément parce que tout est obstacle, souffrance et abîme vertigineux (et non point bien que tout soit souffrance) bande sa volonté et tend ses facultés : puisque tout est horrible et absurde, précisément il agira”.»

Claude Rochet, Le nihilisme aujourd’hui, extrait de Gouverner par le bien commun. Un précis d’incorrection politique à l’usage des jeunes générations, Éditions François-Xavier de Guibert, 2001.

 

La nécessaire expérience du nihilisme face au marxisme: Camus:

La pensée d’Albert Camus:

Camus | L’Homme révolté | la polémique Jeanson par borddeleau

 

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