Européennes 2019: Un référendum?

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Que faire pour ces élections? Beaucoup prônent le boycott et ce ne me semble pas pertinent. On boycotte une élection pour la délégitimer quand les dés sont pipés et le résultat acquis d’avance. Ce n’est pas le cas.

Quel enjeu?

Quel est l’enjeu de cette élection? Sur le fond il est nul, puisque le “parlement” européen ne sert à rien (le vrai pouvoir est à la Commission) et ne représente personne puisqu’il n’y a pas de peuple européen. Sans attendre les résultats des élections, dont ils n’ont visiblement rien à faire, les dirigeants européens se sont réunis à Sibiu pour définir dix engagements qui ne sauraient être remise en cause. Les oligarques se mobilisent pour faire voter, pour n’importe qui, mais voter. Y compis la nouvelle prêtresse de la religion du climat, Greta Thunberg, s’y met. Naturellement pour sauver la planète. Ces appels au vote entendent souligner que ce parlement servirait à quelque chose, ce qui tendrait à abonder dans le sens du boycott.

Mais l’enjeu apparaît aujourd’hui autre. Dans la crise politique et sociale actuelle, le pouvoir s’est engagé dans cette bataille pour y chercher une improbable victoire et revenir sur le rejet de l’Union européenne par les Français lors du référendum de 2005. Il faut donc aller voter pour faire mordre la poussière aux partis de l’oligarchie. Et ce d’autant plus que, dans sa course vers le fond, Emmanuel Macron a quitté son rôle de président pour celui de chef de parti et de tête de liste pour venir au secours de la pittoresque Nathalie Loiseau et son charisme de serpillère humide.

Revue des troupes

Mais voter pour qui? Pas pour les partis de l’oligarchie, en bien mauvaise posture. Il est plaisant d’assister au naufrage de la gauche, la gauche ridicule de Benoit Hamon et son kébab, la gauche prétentieuse et sententieuse de Place publique, qui vont disparaître du paysage. Vont rester les “écologistes” dont l’idéologie rétrograde, nihiliste et protofasciste est un véritable poison et incarne, elle véritablement, une idéologie d’extrême-droite, j’y reviendrai prochainement.

La France insoumise à qui?

Dans les partis d’opposition, qui semble majoritaire, la division règne. Commençons par la-dite France insoumise. Insoumise à qui?  Derrière les rodomontades de son chef, alors que son programme reprend tous les gadgets promus par l’oligarchie: fascination pour l’islamisme, vénération des migrants, lutte contre tous les machinphobies dont la liste semble inépuisable, droit de vote à seize ans, tout le catalogue du gauchisme mondain y est au point de s’y naufrager. Naufrage qu’Ambroise de Rancourt résume bien. Son programme n’est plus que “une grande marmite dans laquelle Free Palestine, Justice pour Adama et pétitions pour la fin de la précarité menstruelle côtoient de grandes envolées lyriques sur l’Europe des peuples, et de creuses litanies sur ce que devrait être la « resignification des signifiants vides que sont le peuple et la Nation, afin de bâtir un discours contre-hégémonique capable de mettre à bas la domination néo-libérale en fédérant le bas de la société contre le haut ».

Mélenchon voulut nous rejouer le grand soir. Citant Hegel, Marx remarquait que, lorsque l’histoire se répète, elle commence en tragique et finit en farce. Quand Mélenchon veut être Fouquier-Tinville il n’est que Raoul Volfoni. Il veut tout faire péter, Raoul, mais se retrouve KO avec un bourre-pif et rentre dans le rang.

Les querelles de cour d’école

Le camp dit “souverainiste” est représenté par trois listes. Celle de Nicolas Dupont Aignan pour qui j’ai travaillé pendant plus de dix ans. Il a délaissé sa ligne républicaine issue de la campagne Chevénement de 2002 “au-dessus de la droite et de la gauche”, pour se lancer dans un programme d’union des droites. Après tout pourquoi pas quand la gauche a disparu. C’est un bide. Il a eu la meilleure équipe de campagne qui soit, avec le programme le plus élaboré. Il a tout saboté en 2017 et ses plus anciens militants l’ont quitté.

Viennent ensuite Asselineau et Philippot, qui ont le même programme. Seulement voilà. Donnés à 3% en additionnant leurs voix, ils trouvent le moyen – la faute en revient à Asselineau – de se perdre dans des disputes de cour de récré pour savoir qui a copié le programme de l’autre. Asselineau a fait un travail remarquable d’analyse des traités européens et appris à faire preuvre d’humour en égayant ses commentaires austères de proverbes chinois. Mais son attitude infantile, le tour sectaire qu’il donne à son parti et ses militants est insupportable.

Le cas Bardella

Reste le jeune Jordan Bardella. J’avoue qu’il m’épate. Il sait faire face à la meute lâchée sur lui par la caste. Il connaît parfaitement ses dossiers ce qui n’est pas le cas de sa patronne qui ne travaille pas et ne maîtrise que l’écume des choses. Mais derrière il y a son parti où l’on ne trouve pas que des anges et des génies. J’y ai des amis, Hervé Juvin qui est 5° de liste, Jean Messiha qui est excellent quand il s’agit de clouer le bec à une meute de bien-pensants. Mais tous mes amis qui ont tenté l’aventure de ce parti en sont partis la queue basse après que Marine Le Pen les ait instrumentés et proprement lessivés. Ce parti n’a rien à voir, bien sûr, avec l’extrême-droite et encore avec un danger fasciste comme le serine Madame Loiseau qui pense que d’avoir été dans sa jeunesse sur une liste d’une authentique extreme-droite, lui donne quelque compétence en la matière. J’ai déjà fait justice de cet argument lors des présidentielles de 2017.

Alors, pour détourner l’appel des oligarques, “votez pour qui vous voulez, mais votez“. Votez du moment que vous saisissez l’opportunité qui vous est donnée par cette élection qui ne sert à rien pour en faire un référendum de rejet de l’Union européenne et de tout son bric-à-brac, de rejet de tout ce que représente Emmanuel Macron.

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