Dernière revue des troupes avant l'effondrement... - Site de Claude Rochet

Compteur

  • 73772Lectures totales:
  • 33883Visiteurs Total:
  • 291Visiteurs par jour:
  • 0Visiteur en ligne :

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Droits de reproduction

Les publications de ce site sont placées sous licence Creative Common. Ils peuvent être repris à condition de citer leur auteur [Claude Rochet], leur source [Site personnel de Claude Rochet], url de la page correspondante, de ne pas modifier le contenu, de ne pas en tirer commerce.

Un endroit de rêve pour vos vacances

Un endroit de rêve pour vos vacances
Débat public

Dernière revue des troupes avant l’effondrement…

Partager:
Share

 

Dans sa dernière intervention devant ses équipes de campagne vendredi soir, Nicolas Dupont Aignan se lamentait de n’avoir pas pu valoriser le programme qu’il avait bâti avec des équipes d’experts venus de tous les horizons – programme auquel j’ai contribué (parties “Etat” et “institutions”) avec beaucoup d’amis comme André Jacques Holbecq et Jacques Sapir sur la sortie de l’euro – parce que les journalistes ne s’y intéressent pas:ils ne s’intéressent qu’aux petites affaires et leur rôle est justement d’empêcher que l’on parle du fond. Il s’est reproché d’avoir eu trop de respect pour les journalistes et de ne pas les avoir envoyé promener plus tôt. Il a eu raison, les journalistes ne sont ni respectables ni respectés. Demain je voterai pour Nicolas Dupont-Aignan. Excellent maire constamment réélu avec 80% des voix au premier tour, serait-il pour autant un bon président? Je ne sais trop, mais j’admire chez lui la constance de ce combat et son honnêteté à toute épreuve. Sa révélation de son échange avec Serge Dassault lui intimant de se rallier à Fillon pour avoir accès à la presse.. et sans doute un poste de ministre dans son futur gouvernement, en dit long sur l’état de la pseudo “démocratie représentative” qui ne représente plus que les représentants. Parmi les défauts qui font qu’on l’aime, Nicolas Dupont-Aignan est trop gentil, or je lui faisais je remarquer hier que, en politique il faut être méchant. 

Et cette campagne nous a révélé un vrai méchant, avec une intelligence rare, un charisme insoupçonné quand on voit d’où il vient : François Asselineau. Depuis ma dernière revue des troupes, les choses se sont clarifiées. Mon opinion positive sur Asselineau s’est confortée: réussir a enthousiasmer une salle en récitant les articles des traités européens, faut le faire! J’apprécie chez lui la précision de son programme qui, malgré son souci de se situer à un niveau de granulométrie élevé qu’est celui d’un président, sait descendre dans les détails qui rendent un programme complet, concret et opérationnel, sans devoir répondre aux injonctions qui lui demandent de se prononcer pour l’interdiction des corridas et autres sujets de société. Asselineau fait ce que j’ai toujours fait à mon échelle : de l’éducation populaire, parler de sujets difficiles et ardus à des profanes, et prendre les gens pour des gens intelligents. Ca marche et ça change des slogans et de la langue de bois! Ne serait ma fidélité à Dupont Aignan je voterais Asselineau.

Que dire des autres? Le répugnant Poutou a achevé de montrer sa personnalité, je n’y reviendrai pas. Si, un mot. Il a prétendu qu’il n’avait pas “d’immunité ouvrière”. La formule est jolie sinon habile. Mais Poutou a bien mieux: il a une immunité médiatique, une immunité du système. En fait d’ouvrier il ne doit pas mettre les pieds souvent à l’atelier et passer le clair de son temps en heures de délégation syndicale pour se consacrer à son parti de petits bourgeois, tout comme Besancenot ne distribuait le courrier qu’en présence de caméras. Il ne risque pas plus dans son usine qu’Arlette Laguiller risquait quoi que ce soit au Crédit Lyonnais. Il ne représente pas plus que Besancenot la classe ouvrière, dont les valeurs ne sont pas la crasse, l’outrecuidance et la vulgarité, mais la “décence commune” que nous décrit George Orwell. Qu’il continue à stériliser la colère de petits bourgeois indécents et à justifier la mondialisation financière au nom de l’internationalisme, telle est la mission de ces pitres.

Un accessit à François Fillon, qui – s’il représente en gros l’opposé de mes idées – a quand même révélé la trempe d’un homme d’Etat en ramenant à la niche toute la meute de son parti qui voulait sa peau, et en l’espace d’une manifestation est venue lui manger dans la main. Rien que pour ça, chapeau!

Quant au sémillant Mélenchon qui m’avait fait bonne impression en élargissant son audience et son propos, il a tout fait pour la rétrécir en revenant à ses vieux démons de profs de gauche: déclarer que de Gaulle avait fait un coup d’Etat, annoncer qu’il supprimera l’enseignement privé, qu’il renoncera  à la sortie de l’Europe et de l’euro…. Généralement, les politiciens trahissent leurs électeurs après le vote, là Mélenchon endosse le rôle de Tsipras avant le vote. Et sa rhétorique quasiment raciale sur les “gens de gauche” qui seraient la seule espère humaine digne d’intérêt, la “gauche” qui incarnerait par nature le Bien (alors qu’elle a toujours trahi comme le clarifie si bien aujourd’hui Michéa) est intolérable. Mon regretté camarade le professeur François Gaudu avait bien analysé ce phénomène en parlant de gauche ethnique : “Etre de gauche” est une valeur identitaire qui vous colle à la peau, on n’est pas de gauche, on nait de gauche, c’est biologique, c’est ethnique, on ne se mélange pas aux autres!

 

Mais que va-t-il résulter de cette élection? Comme l’a relevé Régis de Castelnau, cette élection ne nous ramènera rien de bon. L’élu, en tout état de cause et quel qu’il soit, ne représentera qu’une infirme partie des Français et aura contre lui 75% de l’électorat. Il ne faut pas s’illusionner sur le vote du 2° tour qui est un votre “contre” et non un vote d’adhésion. S’il faut éviter l’élection du télévangéliste, je voterai Fillon mais me situerai ipso facto face dans l’opposition s’il est élu.

C’est donc le vote du premier tour qui compte en ce qu’il peut contribuer à faire émerger de nouvelles forces politiques. C’est le tour du choix, le second ne nous permet que de choisir par qui on va se faire….. Je souhaite et espère que NDA fera un bon score, de même qu’Asselineau qui jouera désormais un rôle certain dans un proche avenir. Ils ont fait une bonne campagne, avec des programmes solides, des options différentes mais complémentaires qui peuvent donner lieu à débat. C’est cela la politique, pas les histoires de journaliste.

Partager:
Share

1 comment to Dernière revue des troupes avant l’effondrement…