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Européisme

La croissance ne reprendra pas tant qu’il y aura l’euro!

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Pour l’économiste Jacques Sapir, les mauvaises nouvelles économiques qui se sont abattues sur la France ces deux derniers jours – croissance nulle, inflation insuffisante de 0,4% sur l’année et recul de l’investissement des entreprises – sont tout sauf une surprise. Sur son blog, le directeur de recherche à l’EHESS estime que les politiques économiques qui ont été adoptées jusqu’à présent par la droite comme par la gauche n’ont jamais été en mesure de faire redémarrer la croissance. Et pour cause, la crise que connaît actuellement la France ne serait pas uniquement liée à la crise économique mondiale de 2008, mais “structurelle” et aggravée par l’adoption de la monnaie commune européenne en 2002. Explications.

Quelles ont été les principales erreurs des gouvernements Fillon et Ayrault face aux conséquences de la crise de 2008?

L’erreur stratégique fut de croire que l’on pouvait réduire les déficits avec une faible croissance et une inflation déclinante. Seule la combinaison d’une croissance ET de l’inflation permet cela (c’est la hausse du PIB nominal). L’erreur tactique fut de croire que soit la hausse des prélèvements, soit la baisse des prestations sociales n’aurait pas d’impact sur la croissance.

Cette erreur provient de la sous-estimation du multiplicateur des dépenses publiques, que l’on croyait de l’ordre de 0,5 alors qu’il était à cette époque compris entre 1,4 et 1,6. Autrement dit, une réduction de la dépense publique (hausse des impôts ou baisse des prestations) de 1% entraine une contraction de la croissance de 1,4% à 1,6%.

Une erreur subsidiaire commise par François Fillon, comme en son temps par Alain Juppé, fut de ne pas comprendre que la dégradation des retraites allait pousser les ménages à épargner plus, et donc à consommer moins, avec un choc négatif sur la croissance.

Pourquoi, selon vous, l’entrée de la France dans la zone euro pénalise-t-elle l’économie française?

La zone euro oblige tous les pays à avoir le même taux d’inflation. Or, les conditions structurelles de l’économie française font qu’elle a un taux d’inflation “naturel” supérieur à l’économie allemande.

Si la France veut avoir un taux d’inflation égal à l’Allemagne, elle devra avoir une croissance très inférieure à sa “croissance potentielle”, ce qui implique un faible investissement et une perte de compétitivité. Aussi, en quelques années se constitue un écart important de compétitivité entre les deux pays.

Par ailleurs, le taux de change de l’euro convient à l’Allemagne mais pas à la France.

Les relations France – Allemagne sont-elles condamnées à se dégrader?

Il est clair que les relations entre la France et l’Allemagne vont se dégrader car ces deux pays ont des besoins opposés en matière de politiques économiques, mais aussi démographiques. L’Allemagne, dont la population décroit, peut se permettre d’avoir une faible croissance. Le PIB par habitant augmentera toujours plus rapidement que le PIB. La France, si elle veut que son PIB par habitant augmente, doit avoir, elle, une forte croissance.

L’incompatibilité des besoins en politiques économiques de ces deux pays condamne la zone euro, ou condamne l’un à subir la politique de l’autre.

Pourquoi l’Allemagne aurait-elle intérêt à mettre la zone euro en danger?

L’Allemagne a épuisé la zone euro de 2005 à 2012. Désormais, elle fait une large part de ses excédents commerciaux en dehors. L’Allemagne peut maintenant se passer de la zone euro. Elle ne la conservera que parce que l’euro est moins apprécié que ne le serait le deutschmark. Elle ne cédera rien de substantiel aux pays d’Europe du Sud qui n’ont d’autre espoir qu’une sortie, la plus rapide

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