Calamity Liz prend les rênes du gouvernement britannique

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Calamity Liz prend les rênes du gouvernement britannique: que peut-on attendre d’une mondialiste opportuniste? – par Edouard Husson

Mary Elizabeth Truss, née en 1975, est plus connue pour ses gaffes que pour un bilan honorable comme ministre de la Justice ou des Affaires étrangères des gouvernements conservateurs. C’est surtout une femme sans convictions – le contraire de la Thatchérienne que l’on se plait à dépeindre. Opposée au Brexit avant de s’y rallier, russophobe acharnée, c’est paradoxalement le choix qu’ont fait les conservateurs britanniques pour affronter ce qui sera la pire crise sociale du Royaume Uni depuis les années 1970 – la crise des prix de l’énergie,cet hiver.

La scène se passe le 11 février dernier.  Aux commandes des Affaires étrangères du Royaume Unis dans le gouvernement de Boris Johnson, Liz Truss vient de faire la leçon pendant un bon moment à Sergueï Lavrov, son homologue russe, reprochant à la Russie de ne rien faire pour arriver à une issue pacifique des tensions en Ukraine.  Le ministre russe décide alors de tester les connaissances géographiques de son interlocutrices. Il lui demande si elle reconnait la souveraineté russe sur Rostov et Voronej – deux régions du sud du pays à la frontière avec l’Ukraine.

Mme Truss répond que la Grande-Bretagne ne les reconnaîtra jamais comme russes. Intervention gênée de l’ambassadeur britannique pour corriger son ministre, puis dénégations lorsque les Russes commencent à répandre l’histoire, en faisant des gorges chaudes.

La russophobie est un vieux sport dans la diplomatie britannique. Mais à l’époque de la guerre de Crimée (1853-1856), au Foreign Office on connaissait sa géographie.

Le pire était cependant à venir: le 27 février 2022, trois jours après le début de la guerre d’Ukraine, Liz Truss déclarait qu’il serait sans doute nécessaire de lancer l’OTAN dans la guerre pour arrêter la Russie. En réponse, Vladimir Poutine fit savoir que les forces nucléaires russes avaient été placées en alerte maximale.

Une globaliste quand le pays aurait besoin d’un Benjamin Disraeli?

Calamity Liz a réussi à faire de ses gaffes des atouts, se présentant en nouvelle “Dame de Fer” – tout en se plaignant qu’on la compare en permanence à Margaret Thatcher. Tout cela, c’est pour la galerie. Car nous avons affaire à une femme qui a fait campagne activement contre le Brexit, qui lui semblait devoir amener “plus de bureaucratie et moins de libre-échange”, et qui se rallia ensuite au Brexit, voté par le peuple britannique, en expliquant qu’il était une bonne chose puisqu’il signifierait….moins de bureaucratie et plus d’ouverture de la Grande-Bretagne au monde.

En fait, Liz Truss, qui milita autrefois pour l’abolition de la monarchie, et qui va faire dans quelques heures sa première révérence à Sa Gracieuse Majesté, apparaît comme une femme singulièrement dénuée de convictions – à vrai dire le contraire d’une Thatchérienne.

Que les députés conservateurs l’aient choisie montre bien l’incompréhension qui entoure encore le Brexit dans le parti Tory. Les électeurs britanniques ont voté pour plus de souveraineté, plus de protection face à la mondialisation, plus de liberté. Boris Johnson a bien développé une rhétorique à la Benjamin Disraeli (1804-1881), le fondateur du parti conservateur moderne, l’homme qui avait réconcilié la Grande-Bretagne des classes dirigeantes avec celle du monde ouvrier. Mais c’est resté de la rhétorique. Johnson, contre son meilleur instinct, a enfermé son peuple dans les contraintes de la politique sanitaire anti-COVID et il l’a lancé dans une participation à peine dissimulée à la guerre de l’Ukraine contre la Russie. Peut-on imaginer plus évidente soumission au mondialisme occidental? Or Madame Truss semble vouloir continuer dans cette ligne. Comme beaucoup de dirigeants conservateurs britanniques, elle a cru que “sortir de l’UE” était un blanc seing pour “plus de mondialisme”. Et voilà qu’elle entre au 10 Downing Street à la veille d’une potentielle révolte sociale – le mouvement Don’t pay qui annonce le refus du règlement des factures énergétiques à partir du 1er octobre.

Une personnalité politique peut se révéler au pouvoir. Pour le pire, comme Johnson. Pourquoi pas pour le meilleur. Mais dans ce cas Liz Truss aura bien caché son jeu.

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