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  • 2 janvier 2013Compteur activé le 7 mars 2013:

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EDF: le scandale de la hausse des prix

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Quand les comptes d’EDF révèlent l’énorme scandale de la hausse des prix

Par Laurent Pinsolle

Le gouvernement a récemment accordé une double (voir triple) hausse de tarif à EDF, allant plus loin encore que Nicolas Sarkozy, puisque les tarifs vont augmenter a minima de 10% en 12 mois. Pourtant, à examiner les résultats financiers publics de l’entreprise, on ne comprend pas bien pourquoi.
 
La France, vache à lait du groupe
Les chiffres sont là : EDF n’est plus un groupe hexagonal puisque le chiffre d’affaire réalisé en France ne représente plus que 55% du total, le groupe s’étant établi au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis notamment. En revanche, la France génère l’essentiel des profits : 67% de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) et 72% du résultat d’exploitation. Quand la France réalise un EBE de 29,9% du CA et un résultat d’exploitation de 19,1% du CA, les chiffres n’atteignent que 20,7 et 11,1% outre-Manche, 10,3 et 4,5% en Italie et 12,1 et 2,3% pour les autres international.
 
Mais du coup, on se demande bien pourquoi EDF a besoin de monter les tarifs en France, alors son activité y est bien plus rentable que la moyenne (près de deux fois plus qu’en Grande-Bretagne, 4 fois plus qu’en Italie en terme de résultat d’exploitation). Si le groupe poursuit son activité dans ces deux pays, cela montre qu’il y a un intérêt et que donc cet intérêt est encore supérieur en France. Dès lors, les 5% de hausse du 1er août (renouvelable en août 2014) apparaissent comme totalement inutiles et injustes, ne servant qu’à gonfler les profits, comme le montrent les résultats du premier semestre.
La question des investissements

Alors bien sûr, Henri Proglio évoque le besoin d’investissement du groupe : 55 milliards pour le nucléaire d’ici à 2025. En fait, le groupe a augmenté ses investissements de 12% en 2012, à 11,8 milliards. Du coup, on peut estimer qu’il pourra investir entre 150 à 200 milliards d’ici à 2025. Sachant que 70% des sommes vont en France, EDF semble à même de financer les investissements dans le nucléaire sans avoir besoin d’augmenter ses tarifs, d’autant plus que le groupe a dégagé 6 milliards de profits nets l’an dernier, ce qui assure un matelas bien suffisant pour assurer ses besoins.

Au pire, EDF pourrait se séparer de ses activités internationales pour dégager de l’argent. Si on se base sur la part d’EBE, les participations étrangères valent au moins 13 milliards d’euros. Bref, voici une entreprise très profitable (notamment en France), tout en étant capable d’investir 15% de son chiffre d’affaire qui ne semble en aucun cas avoir besoin d’augmenter ses tarifs, même pour financer le nucléaire. Cela rend les hausses de tarif accordées par le gouvernement totalement injustifiées, voir même franchement abusives. Les ménages vont payer pour gonfler les marges d’EDF.
Tout ceci montre le danger de la libéralisation : le lobbying sur le tarif permet de gonfler les profits alors que cela n’est justifié. Le pire est que c’est sans doute par incompétence et méconnaissance du monde de l’entreprise que le gouvernement n’a pas vu que cela n’est pas justifié.
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