Peut-on innover sans collaborer? - Site de Claude Rochet

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Innovation

Peut-on innover sans collaborer?

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Jeudi 16 avril 2013, à l’occasion de son cycle de conférences mensuelles des rendez-vous de la double compétenceIonis School of Technology and Management a accueilli Claude Rochet et Daniel Krob. Ils sont intervenus sur le thème de l’innovation dans l’innovation et de la nécessité de la collaboration entre entrepreneurs, chercheurs et ingénieurs pour innover efficacement.

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L’innovation, un phénomène en constante évolution

Claude Rochet est professeur des universités à l’Institut de Management public de l’Université d’Aix-Marseilleet directeur du laboratoire de recherche et de la formation en intelligence économique au ministère de l’économie et des finances. Historien de formation, il se penche sur les succès et échecs du passé pour essayer de dénouer les mécanismes de l’innovation.

En partant des théories de l’économiste Joseph Schumpeter sur l’innovateur dans le système capitaliste et du rôle de base de l’entrepreneur, Claude Rochet déroule la chaîne du processus de l’innovation. De fait, l’innovation ne se construit jamais sur rien. Qu’il s’agisse d’innovation de rupture ou d’innovation dans la chaîne de production, elle se base toujours sur un précédent.

Le modèle proposé par Schumpeter a évolué avec les différentes révolutions industrielles : dans sa première version, l’application de l’innovation se fait à sa sortie du laboratoire ; la seconde révolution industrielle, avec la mise en place des processus de production de masse, a permis la standardisation et donc la routinisation de l’innovation ; aujourd’hui, un nouveau modèle s’impose avec la révolution digitale.

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Une innovation digitale touche à tout

Par ses valeurs, la Silicon Valley est représentative de ce nouveau tournant : culture commune du cluster (coordination des différents acteurs dans un territoire donné), mise en concurrence des différents acteurs sur une même idée pour inciter à l’émulation, concentration territoriale où se retrouvent technologies de rupture, innovation et capitaux… Cet écosystème qui privilégie la qualité de l’innovation à la quantité de la production inspire de nouveaux modèles dont Apple est le parfait exemple :

  • Volonté d’être bon dans tous les domaines touchés, y compris de l’esthétique (le design des produits Apple en est la meilleure illustration) ;
  • Art de l’intégration et de l’absorption de bonnes idées extérieures ;
  • Emancipation vis-à-vis des règles standards : remise en cause de l’establishment.

L’innovation d’aujourd’hui ne consiste plus en l’amélioration de concepts existants ; elle doit participer d’un changement de paradigmes. L’innovateur n’a pas de vision par rapport au produit qu’il vient d’inventer. Il doit nécessairement être en relation avec des entrepreneurs et des ingénieurs qui pourront donner corps et substance au concept. Car l’innovation peut créer son marché. Aussi, avec l’accélération des processus de fabrication et la diversification des pratiques, l’innovation n’est plus brevetable : elle vient des usages. L’écosystème dans lequel l’innovation va naître est primordial : l’émergence et le développement d’une technologie dépendra certes de financements et d’un environnement de recherche favorable, mais également d’un contexte culturel, historique, politique… En somme, il n’y a pas de bonne pratique de l’innovation universelle : l’innovateur et l’innovation doivent s’adapter au temps et au lieu.

Revenir aux sources historiques de l’innovation

Claude Rochet a terminé sur quelques conseils pratiques aux étudiants désireux d’innover : tenir compte de la cascade des marchés (plus le temps avance, plus les prix baisseront mais plus la cible sera large) pour développer son innovation ; croire en son produit et faire fi des remarques du type : « Ca ne marchera jamais ! » (c’est généralement bon signe) ; revenir aux sources qui ont fait le succès intellectuel de l’Europe de la Renaissance à la fin du XXe siècle : BaconPascalVico. Il faut penser la connaissance comme un échange entre l’expérimentation et la théorie.

Après cette présentation, le public a pu échanger avec Claude Rochet rejoint par Daniel Krob, à l’origine de l’approche pédagogique de Ionis-STM, professeur à l’Ecole Polytechnique et président du Centre d’excellence sur l’architecture, le management et l’économie des systèmes. Les débats se sont ensuite poursuivis lors d’un cocktail de clôture.

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