Les impostures du discours de Greenpeace sur le nucléaire

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Par Claude Brasseur

Greenpeace a résumé ses connaissances dans le texte L’énergie nucléaire ? Non merci !(1) Ce texte m’a inspiré quelques observations à partager. Avec Greenpeace, tout le nucléaire devient « LE nucléaire », Greenpeace ignore superbement  les progrès dans ce domaine, toutes les variétés de centrales… la différence entre nucléaire civil et nucléaire militaire. Pour beaucoup de personnes, le nucléaire, c’est Tchernobyl (2) et Greenpeace ne détrompe pas les citoyens, laisse planer l’idée que toute radioactivité est nocive. (3)

Les filières nucléaires civiles à eau sous pression Westinghouse et Candu (4)  représentent presque tous les réacteurs producteurs d’énergie électrique. Aucun de ces réacteurs n’a causé de morts (5). Il y a encore mieux ! Les progrès récents dans le domaine sont fulgurants, n’ont plus grand-chose de commun avec Westinghouse et Candu, ils nous assurent une énergie éternellement renouvelable, sans le moindre danger quoi qu’il arrive, peu coûteuse… on ne nous en parle guère.

Les réacteurs de demain que réalisent la Belgique (MYRRHA), la Chine (Clear e.a.), la Russie (BN 600, BN 800 et bientôt BN 1200), l’Inde (Kalpakkam) et ceux que les USA, l’Angleterre  et le Canada étudient sont tout à fait différents de ceux d’aujourd’hui ! Ils font partie de ce que l’on appelle la 4génération. Beaucoup promettent un Kwh coûtant 1 à 3 centimes. À l’heure actuelle, le nucléaire revient environ à 4 centimes au maximum là où l’éolien monte à plus de 10 centimes (6)…

Précisons que toutes les filières nucléaires de demain – il y en a près de 50  – peuvent compter sur un  combustible déjà en stock pour plusieurs milliers d’années.

Tout d’abord, il y a les « déchets » des réacteurs actuels  qui peuvent être – entièrement et par étapes consommés par les réacteurs de 4génération en « brûlant » leurs constituants à longue durée de vie. Ces constituants sont actuellement des déchets restant radioactifs durant des milliers, sinon des millions d’années. Ils inquiètent  – avec raison – les citoyens et Greenpeace  prévoit leur enfouissement ! (7)

Ensuite, ces réacteurs de 4génération disposent d’une énergie 100 % renouvelable à l’échelle de l’humanité : la mer, radioactive, peut nous livrer l’uranium pour l’éternité ! Le prix de cet uranium n’apparaîtra même pas dans les comptes des centrales.(8) C’est le renouvelable idéal.

Le pays actuellement le plus décidé à se lancer dans le nucléaire de 4génération est la Chine. Ce pays  tente la production de ces nouvelles centrales en plusieurs variantes. Par exemple :

– La variante « Carlo Rubbia » avec un accélérateur de protons pour activer l’uranium 238 ou le thorium 232. Le cœur de ce réacteur est plongé dans le plomb. En Belgique, le gouvernement a ralenti progressivement  la construction de MYRRHA… MYRRHA qui coûte le prix de quelques éoliennes mais qui est immédiatement rentable (9).

– Une autre voie est celle des « sels fondus », essentiellement un mélange de fluorure d’uranium ou thorium, de récupération ou naturel, et de fluorure de lithium.
La sécurité passive totale (10) de ces 2 filières élimine le discours catastrophiste de Greenpeace : aucun accident ou acte terroriste ne risque de répandre le contenu radioactif dans la nature…

– La Chine veut aussi consommer son plutonium 239 en produisant des centaines de petites piles nucléaires qui fonctionneront selon le schéma proposé par l’ingénieur belge Paul Pirson sur la base des connaissances disponibles à Mol (Belgique) grâce à l’équipe du professeur Hamid Aït Abderrahim.
– La Chine développe aussi la filière créée par la France dans les années 80 (Phénix et Super Phénix), fermée suite aux violences des « écologistes » mais terminée en Russie qui l’exporte.

Le discours de Greenpeace s’appuie aussi sur le prix des nouveaux réacteurs d’AREVA. Cette société mourante et dépecée est effectivement incapable d’arriver à produire normalement de gros  Westinghouse « haute sécurité active » et cette faillite sert à Greenpeace pour parler d’un éolien qui serait moins cher que ce qu’on doit craindre des retards d’AREVA…

Si, aujourd’hui, les Français payent le Kwh 15 cts au lieu de 10 comme aux USA, c’est à cause du renouvelable (barrages exclus). Noyés dans les éoliennes, les Allemands conditionnés  sourient en payant 30 cts et ce prix insupportable n’évite pas la ruine de leurs producteurs d’électricité. La vérité risque d’être que la Chancelière est terrorisée par les « Grünen »… (11)

Bref, « LE nucléaire » n’existe pas : les diverses filières possibles, sûres, s’affrontent et, malheureusement, ici aussi, l’Europe est plus que hors-jeu. Demain, Russie, Inde, Canada, Angleterre et Chine nous vendront nos centrales nucléaires.

Claude Brasseur

(1) www.greenpeace.org/belgium/fr/noscampagnes/climat/defis/energie/nucleaire

(2) Cette centrale avant tout militaire était gérée en dépit du bon sens et ses responsables ont obéi servilement à des ordres politiques stupides, à cause de l’incendie.

(3) Le scientifique américain Hermann Müller, lauréat du prix Nobel en 1946, a commis une fraude pour exagérer les risques des rayonnements nucléaires pour la santé humaine (fraude compréhensible juste après Hiroshima et Nagasaki ?). Ernst Caspari avait vraiment fait l’expérience présentée – il avait soumis des mouches drosophiles à de faibles doses de radiations nucléaires et observé l’absence d’effet – et nous devons savoir que toute notre planète est radioactive, que nous, humains,  le sommes. La radioactivité est un peu comme le sel : 1 gramme par jour est utile, 10 gr est nocif et 100 gr est mortel !

(4) Imposer la filière nucléaire Candu à l’Iran l’empêchait de justifier toute centrifugeuse, utile alors seulement à faire des armes nucléaires. Le QI de nos « responsables » est très inquiétant…

(5) On peut se demander pourquoi les 20.000 morts par le tsunami au Japon deviennent quelquefois « les morts causées par le nucléaire à Fukushima ». Mieux encore, après le tsunami, le prétexte pour évacuer la population a été une norme de 1 milliSievert par an : toute la population doit donc être évacuée de Belgique car elle en subit naturellement 2,5. Et ne parlons pas du Massif Central où on se porte bien avec 20milliSieverts par an et jusqu’à 80 dans certaines régions en Inde.

(6) Ceux qui disent « le vent est gratuit » oublient que le vent ne souffle pas souvent et généralement pas à la bonne vitesse et qu’il faut prévoir en centrales classiques la même puissance que celle installée en éolien.

Ajoutons que ces centrales classiques sont très polluantes car au moins en stand-by 100 % du temps…

(7) Régulièrement, des transports de déchets sont attaqués sous la houlette de Greenpeace. Non seulement ces déchets sont parfaitement isolés de l’air ambiant mais quand on sait qu’ils peuvent servir de combustible à de nouvelles centrales, être ainsi neutralisés ET nous offrir une énergie propre, peu coûteuse pour longtemps… il y a de quoi se poser des questions sur les motivations/l’intégrité de certains…

(8) Voir les travaux du Prix Nobel  Steven Chu, ex ministre de l’énergie des USA, ainsi que ceux du Dr. Chien Wai

(9) A l’heure actuelle, MYRRHA est immédiatement rentable par la production d’isotopes pour la médecine et la technique. La Belgique les fournit à toute la planète. Ils sont conditionnés à Fleurus.

(10) Quelle que soit la cause de l’arrêt d’un réacteur à sécurité passive, son combustible commence à refroidir sur le champ sans le moindre rejet radioactif dans l’atmosphère. Par contre, plusieurs dispositifs doivent entrer en action pour que le refroidissement d’un réacteur à sécurité active débute. Ainsi, une pompe devait chasser de l’eau dans le réacteur après le tsunami à Fukushima. Elle était en panne et le réacteur a fondu.

(11) L’Europe est terrifiée par des groupes d’extrémistes. Ces minorités agressives  ont une force qui les rend invincibles : l’intolérance ! Le dernier livre de Nassim Taleb, Jouer sa peau, explique cette réalité.

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