Quand Mélenchon réhabilite Vichy - Site de Claude Rochet

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Quand Mélenchon réhabilite Vichy

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 Jean-Luc Mélenchon s’indigne de ce que l’on ne puisse attribuer à la France la responsabilité de la rafle du Vel d’Hiv et la déportation de 13000 juifs arrêtés par la police parisienne, et non au seul gouvernement de Vichy, comme l’a soutenu une autre candidate.

Regardons les faits : le 10 juillet 1940 la chambre du Front populaire vote l’abolition de la République et les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. 71% du groupe socialiste vote pour, emmené par Paul Faure. Seuls 80 parlementaires de tout bord politique votent contre. Le gouvernement de Vichy a donc l’apparence d’un gouvernement légal, apparence renforcée par le prestige du Maréchal Pétain auquel de nombreux français prêtent l’intention de jouer double jeu contre l’occupant. Nos « socialistes » ne vont pas s’arrêter en si bon chemin et vont se regrouper autour du journal L’effort, journal collaborationniste, mais « de gauche ». Simon Epstein a fait un inventaire détaillé des socialistes et des anciens communistes qui se sont engagés dans la collaboration active. Relevons simplement dans cet inventaire Angelo Tasca, père de Catherine, ancien dirigeant du Parti communiste italien puis de la SFIO, puis Robert Jospin, père de Lionel, qui s’y met sur le tard puisqu’il fonde un autre journal collaborationniste « de gauche », Germinal, en janvier 1944. Pour ceux-là, effectivement, Vichy est le gouvernement légal et légitime de la France.

Mais où en est-on en juillet 1942 ? La France libre a son armée, est reconnue – pas forcément de bonne grâce – par ses alliés tandis que Vichy s’est enfoncé dans la collaboration. Quatre mois plus tôt, Pétain, sous la pression de l’occupant, a nommé Pierre Laval chef du gouvernement et par un « acte constitutionnel » qui lui a conféré « la direction effective de la politique extérieure et intérieure de la France ». Laval, qualifié avant–guerre de « socialiste le plus brillant de sa génération », était un pacifiste disciple d’Aristide Briand et déjà de la « construction européenne », ce qui l’emmènera vers la collaboration.

Fin juin 1942, les Allemands exigent des actions énergiques contre les juifs : l’exploit de Laval et de ses sbires, Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives, et Jacques Benoist-Méchin, secrétaire d’Etat aux relations franco-allemande, est de se limiter à l’arrestation des juifs étrangers en zone occupée contre la non-déportation des juifs français.

C’est faire à de tels individus un honneur bien étrange, cher Jean-Luc Mélenchon, que de proclamer aujourd’hui qu’ils étaient la France. Nos pères les ont condamnés à mort.

En le prétendant vous faites injure aux 80 parlementaires qui ont refusé Vichy, vous faîtes injures aux policiers et Français anonymes qui ont saboté l’exécution de la rafle qui rapportera deux fois moins que le quota fixé par les Allemands grâce aux fuites, au sabotage et aux actions de solidarité.

Ce sont ceux-là qui, malgré l’apparente légalité de Vichy, lui ont dénié toute légitimité, constituent la vraie France, « la France qui se bat, la seule vraie France » comme le proclamera le Général de Gaulle au balcon de l’Hôtel de ville le 25 aout 1944.

Jean-Luc Mélenchon, on se doute que cette campagne est épuisante, mais ne pourriez-vous pas réfléchir à la portée de ce que vous dîtes?

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