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Crise financière

L’Islande va très bien, merci… mais en avez-vous entendu parler ?

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par Charles Gave

Plaignons les pauvres hommes politiques Européens. Pas de fin de semaine où ils ne se retrouvent à Bruxelles pour mettre la dernière main au énième plan de sauvetage de la Grèce qui a besoin de 30 ou 40 milliards d’Euro de plus, pas de jour où la presse économique ne publie l’écart des taux entre l’Allemagne ou l’Espagne et où nous n’apprenions que le chômage fait un nouveau bond plus haut en France.

Aujourd’hui, et grâce à cette machine à détruire l’Europe qu’est l’euro, nous avons cinq pays européens qui n’ont plus accès aux marchés financiers, des dettes étatiques qui continuent à exploser trois ans après le début de la crise, un taux de chômage dans l’Europe du Sud qui frôle les 25 %, un taux de chômage des jeunes de 25 ans qui dépasse les 50 %, des PNB en chute libre, l’émergence d’un parti ouvertement raciste en Grèce, des tendances à la sécession de certaines provinces en Espagne (Catalogne, Pays Basque) ou en Italie… Devant ce désastre inimaginable, qui ne cesse de s’aggraver et qu’ils ne peuvent plus nier, les réactions de nos hommes politiques Européens ne bougent pas d’un iota.

Démanteler l’euro et retourner aux monnaies nationales serait un désastre encore plus grand, (vous disent ceux qui ont créé l’Euro contre toute logique économique. Ils se sont trompés sur tout depuis vingt ans. Pourquoi donc les croire sur ce coup là ?). J’en doute très fortement. Apres tout, je n’ai pas d’exemples dans l’histoire d’un monstre technocratique mis à mort sans que cela ne se traduise par une envolée de la croissance économique et des marchés financiers, le capital pouvant circuler à nouveau en fonction de la rentabilité marginale de ce même capital, mais soit…A mon humble avis, il vaut mieux la fin de l’horreur qu’une horreur sans fin (proverbe allemand).

La solution de laisser faire le marché pour retourner à l’équilibre ne marche pas comme chacun le sait. La seule chose qui fonctionne, c’est un marché « dirigé et encadré » par des gens compétents et altruistes, c’est a dire eux, et pour cela , il est bien normal qu’ils disposent de privilèges et de pouvoirs exorbitants et surtout qu’ils ne soient pas soumis aux foucades d’un électorat qui ne comprend rien à rien. Et c’est la qu’il faut introduire l’Islande

Pendant que la Grèce faisait faillite dans le Sud, à peu prés au même moment, l’Islande plongeait dans le Nord. Et je ne sais pas si le lecteur a remarqué , mais personne, absolument personne, ne parle de l’Islande, et pour cause: elle va très bien ! Et elle va très bien parce que le pays a fait face a ses problèmes de façon démocratique et en ayant recours aux marchés plutôt qu’a des technocrates… Qu’ont fait les Islandais pour s’en sortir ? C’est tout simple, ils ont fait ce qu’avaient fait avant eux la Suède en 1992, la Corée en 1998 et bien d’autres avant et après eux…

Revenons sur l’année 2008-2009 en Islande.

Une croissance bancaire débridée a amené le pays à la faillite. Les banques Islandaises ayant emprunté de façon déraisonnable aux banques de certains autres pays (Allemagne, Grande Bretagne) pour financer une expansion totalement folle se retrouvent dans une situation désespérée lorsque les banques étrangères exigent le remboursement des prêts.

Les autorités élues prennent le conseil du FMI et commencent à mettre au point un programme d’ajustement qui forcerait les Islandais à reconnaitre ces dettes et donc les maintiendrait en esclavage pour 15 ans, selon la formule habituelle du FMI qui refuse toujours de reconnaitre la responsabilité du préteur dans une faillite financière. La seule solution pour le FMI en effet est toujours de faire baisser le niveau de vie des populations locales en augmentant les impôts et en privilégiant le créancier extérieur par rapport au créancier intérieur, ce qui rend le remboursement de la dette impossible.

Ce plan, bien entendu me marche jamais, comme on le voit partout en Europe aujourd’hui, mais le fait qu’un plan ne marche pas n’a jamais empêché des fonctionnaires de le proposer à nouveau puisque le fait qu’il échoue leur garantit un emploi pour de nombreuses années ensuite. Apres tout, vivre dans un hôtel de luxe à Athènes depuis trois ans est plutôt plus agréable que de se morfondre dans une banlieue de Washington.

Charles Gave

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